Content Management System

Distinguant contenu et contenant, les outils de gestion web (CMS) facilitent la création et la mise à jour de sites. Dans ce domaine, les logiciels libres - en PHP ou Java - ont acquis une réputation solide et rivalisent avec les produits commerciaux.

Les outils de gestion de contenu web distinguent clairement la partie présentation d’un site et son contenu, qui évoluent séparément.

Le concepteur d’un site peut modifier l’agencement des pages, la charte graphique ou les polices de caractères. Tandis que les utilisateurs impliqués dans sa mise à jour quotidienne se contentent de publier via une interface ergonomique, donc sans connaissances techniques, des documents et autres news.

De tels outils stockent presque toujours le contenu dans une base de données SQL. Quant à la présentation, elle est spécifiée par des templates, sortes de modèles que l’on crée, modifie et réutilise à loisir.

En exploitation, les pages web sont dynamiquement générées à partir du contenu et des templates (modèles), éventuellement en fonction de la langue et des droits d’accès de chaque internaute.

Certains outils mettent un pied dans la gestion de contenu au sens large du terme - on parle d’ECM, pour Enterprise Content Management. Il s’agit alors de gérer la structuration des documents (au travers de champs remplis par les contributeurs), leur validation au travers de workflows (déroulement des opérations) ou encore leur archivage. Enfin, des fonctions de portail permettent parfois de fédérer des applications et d’agréger des données externes.

La plupart des outils sont écrits en langage PHP ou Java. Et nombre d’entre eux sont des logiciels libres, même si leur développement est souvent piloté par un éditeur qui propose des versions et un support payants. «  Les versions gratuites sont généralement suffisantes pour les PME, et le recours à un intégrateur pour déployer et personnaliser la solution n’est pas obligatoire », estime Mathis Guille, directeur de projets open source chez SQLI. Même lorsqu’un tel prestataire est dans la boucle, le coût total reste inférieur à celui d’un produit commercial.

Outils en PHP : fonctionnalités centrées sur le contenu web.

Entre PHP et Java, les critères de choix sont politiques, technologiques et fonctionnels. Côté PHP, pratiquement tous les outils relèvent du logiciel libre. « Plus faciles à déployer et à maêtriser, ils ont la préférence des PME », affirme Patrice Bertrand, directeur des opérations chez Smile. Parmi eux, trois se sont détachés.

SPIP est idéal pour les sites simples avec des droits d’accès basiques et une faible personnalisation. « Par exemple, les champs permettant de structurer un article sont limités au titre et au sous-titre », détaille Badr Chentouf, directeur consulting chez Smile.

Typo 3 et eZ Publish sont plus complexes mais plus polyvalents. « 80 % des sites peuvent être développés avec l’un ou l’autre de ces outils, et les 20 % restants nécessitent juste l’utilisation de modules d’extension », estime Mathis Guille. Leurs communautés ont en effet développé des centaines de modules, par exemple pour gérer les e-mails entrants, des workflows spécifiques, des affichages de données issues d’applications tierces ou des présentations en Ajax.

Dans le même temps, la dernière version de SPIP s’est dotée du support de tels modules, qui restent toutefois à développer.

Quant à Drupal et Zoomla, ils représentent de bons compromis. « Plus extensibles que SPIP, ils sont plus simples à mettre en oeuvre qu’eZ Publish et Typo 3 », estime Régis Leroy, architecture d’applications PHP chez Makina Corpus. eZ Publish est, en outre, l’un des rares outils PHP à proposer de véritables fonctions d’ECM.

Outils en Java : une gestion plus large du cycle de vie

Le choix d’outils Java résulte généralement d’une politique J2EE dictée par le service informatique, qui les préfère également souvent pour des raisons techniques. « Ils bénéficient de fonctionnalités qui simplifient et automatisent la montée en charge », explique Patrice Bertrand. « Leurs homologues en PHP sont tout aussi capables de supporter d’importantes charges, mais en l’absence de mécanismes d’automatisation, ils nécessitent davantage d’efforts », ajoute-il.

Peu d’outils Java sont en open source, notamment parce qu’ils entrent en concurrence directe avec les produits commerciaux de Microsoft, EMC ou IBM. Mais ils vont bien plus loin dans l’ECM que leurs concurrents PHP.

Alfresco et tout récemment Jahia étendent même leur champ d’action jusqu’à la gestion électronique de documents, notamment grâce à des fonctions avancées d’archivage, de catégorisation et de gestion des versions. Plone tient, quant à lui, une place à part : développé en Python, il migre vers Java tout en conservant une originalité très appréciée. « Il génère des URL en langage naturel qui représentent l’arborescence du site, ce qui facilite l’indexation par Google », explique Jean-Michel François, développeur chez Makina Corpus.

Quelques outils de gestion de contenu en open source


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